Les grands acteurs européens de la recherche et de l’innovation énergétique se sont réunis hier à Paris lors de la conférence « Vers une énergie bas carbone ».
Organisé dans le cadre de la présidence française de l’Union Européenne, cet événement est l’occasion de lancer l’Alliance européenne pour la recherche qui regroupe une dizaine d’organisme européens amenés à travailler ensemble sur différentes thématiques.
L’objectif est de coordonner la recherche afin d’accélérer la transition technologique vers des énergies plus propres. C’est en effet le moyen qui a été choisi pour atteindre l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 20% à horizon 2020.
Un engagement qu’il serait « catastrophique d’abandonner à cause de la crise » précise Jean-Pierre Jouyet, Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes. « Au contraire », ajoute-t-il, « la crise révèle l’épuisement d’un système, nous devons trouver des réponses pour une croissance durable. »
Six grands défis
Pour cela, l’Alliance va devoir relever au moins six grands défis concernant :
les biocarburants de deuxième génération,
le captage et le stockage du carbone,
la fission nucléaire,
la distribution de l’électricité,
l’éolien
le solaire.
À horizon 2020, Monsieur Jouyet espère que l’Alliance aboutira à une baisse du coût des technologies et à horizon 2050 à la mise en place de nouvelles générations de technologies.
Pour Ton Hoff, en charge de l’Alliance, cette concertation va permettre de raccourcir le délai de mise sur le marché des nouvelles technologies : « Il pourrait passer de neuf ans aujourd’hui à 5 ou 6 ans très rapidement. » C’est aussi un moyen de lutter contre la fragmentation en Europe, qui nuit au déploiement des énergies propres.
Paul Lucchese, directeur des nouvelles technologies au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) complète cette idée : « l’Alliance va nous permettre d’éviter les doublons, d’augmenter l’efficacité des politiques de R&D et d’organiser la concurrence ».
Le nucléaire également abordé
Si les recherches concernent entre autres l’éolien, le solaire ou l’hydrogène, elles sont également orientées vers l’énergie nucléaire, qui, bien que présentant un certain nombre de désavantages est néanmoins peu émettrice de CO2.
Le but est alors « d’améliorer la sécurité des centrales, de réduire la production de déchets, de faire baisser les coûts et de la rendre plus acceptable par les citoyens » explique Ton Hoff.
Le coût de l’ensemble de ces études est dans un premier temps supporté par les Etats membres à travers leurs programmes nationaux de recherche entre autres. Une fois les premiers résultats disponibles, « en 2010 ou 2011 » selon Ton Hoff, l’Europe débloquera des fonds.