Un enjeu de solidarité d’aménagement du territoire
Quels sont vos objectifs pour le désenclavement extérieur et intérieur du pays? Combien de temps vous donnez-vous pour parvenir à les réaliser?
La route du développement passe par le développement de la route, dit l’adage. C’est pourquoi, dans le cadre du Programme de Développement Economique et Social (PDES) inspiré par le Président de la République, Son Excellence Amadou Toumani TOURE, une place de choix est accordée aux infrastructures de transports. Cette dynamique amorcée depuis 2002, prévoit pour les cinq prochaines années la réalisation de 4 600 Km de routes pour environ 766 milliards de FCFA. Le programme prévoit également 6 ponts. Le plus important de ces ouvrages d’art est certainement le 3e pont de Bamako dont l’inauguration coïncidera avec le 50è anniversaire de l’Indépendance du Mali en 2010.
Dans la même dynamique, le Chef de l’Etat a lancé en mars dernier le projet sectoriel des transports, phase deux. D’un coût total de 53 milliards de FCFA, le second projet sectoriel des transports est financé par le gouvernement du Mali à hauteur de 8 milliards, soit 15% et la Banque mondiale pour plus de 44 milliards de nos francs soit 85%. Le présent projet comprend des composantes axées sur l’amélioration de l’accès aux zones rurales, l’amélioration du système de transport urbain à Bamako et la réhabilitation ou construction de quais fluviaux dans certaines localités le long du fleuve Niger. Ce projet s’étend sur la période 2007-2011.
Comment envisagez-vous l’expansion des infrastructures prioritaires ?Y a t-il un plan dans cet axe et quelles sont-elles?]
En raison de l’importance de tous les efforts portés sur la réalisation des infrastructures, près de 14 milliards de FCFA seront mis cette année 2008 à la disposition du Programme d’entretien routier. Dans ce même ordre d’idées, le Gouvernement a lancé les opérations de péage et de pesage le long de certains axes routiers. L’objectif est de solliciter la contribution des conducteurs à l’entretien de nos routes qui subissent, de plus en plus, d’intenses trafics. Ces postes sont financés par l’Union Européenne qui vient appuyer le Gouvernement dans ses efforts d’entretien routier. Au total, il est prévu d’installer 18 postes de péage sur toute l’étendue du territoire d’ici à 2012.
Ces mesures ne doivent pas occulter la sécurité routière qui demeure une préoccupation des plus hautes autorités du Mali. D’une manière globale, les forces de sécurité ont relevé respectivement pour 2005 et 2006, 564 et 642 morts soit une augmentation de 14% et 6 634 à 7 830 blessés, soit une augmentation de 18%. Pour le seul mois de janvier 2008,
1 809 infractions ont été relevées. Face à ce fléau, le Gouvernement a créé une structure autonome dénommée Agence Nationale de la Sécurité Routière (ANASER).
Dans le cadre du transport ferroviaire, le renouvellement du matériel roulant avec l’acquisition de six locomotives et de trente-huit wagons ainsi que la modernisation de la voie ferrée, permettront de renforcer la compétitivité de toute la partie sud-ouest de notre pays avec ses immenses potentialités agricoles et minières. Le trafic voyageur qui a déjà redémarré en 2007 après plusieurs années d’interruption, concrétise la tenue d’une promesse présidentielle pour le bonheur des riverains.
Le transport aérien sera facilité par le programme de réhabilitation et d’extension de l’aéroport de Bamako Sénou dans le cadre du Millenium Challenge Account (MCA) et du Projet d’Appui aux Sources de Croissance. Pour faire de Bamako un véritable « hub » sous-régional, plus de 50 milliards de FCFA seront investis. A la fin des travaux, l’infrastructure aura une capacité de 1,5 million de passagers par an contre 528 000 en 2006.
Quant au transport fluvial, la principale aspiration est l’acquisition d’une flotte légère constituée de bateaux à faible tirant mais aussi le dragage des fleuves Niger et Sénégal à cause de l’ensablement.La modernisation de ces infrastructures de transport permettra de faciliter l’approvisionnement du pays surtout en cette période marquée par la crise économique internationale.
Quelle action innovante avez-vous mise en place pour résorber les problèmes d’accès à l’eau pour les agriculteurs ?]
Dans le domaine météorologique, nous tentons des actions concernant le renforcement du programme de pluies provoquées pour la campagne agricole 2008. Ainsi, deux avions permettront d'ensemencer simultanément les nuages dans différentes zones du pays à partir de deux bases Mopti et Bamako. L'ambition du Gouvernement est de faire de ce programme une véritable alternative au déficit pluviométrique fréquent en zone sahélienne. L'évaluation du programme de la campagne écoulée a montré une augmentation moyenne de 15% de la pluviométrie par rapport à la normale.
Réseaux de transports et voies de communication
Comme tous les pays dépourvus de façades maritimes, le Mali dépend étroitement des pays côtiers possédant des équipements portuaires. Actuellement, une nouvelle politique de désenclavement est mise en place, sur financement international, avec la construction de plusieurs liaisons vers les pays voisins.
Le réseau routier
Il assure aujourd’hui l’essentiel du trafic de voyageurs et de marchandises grâce au formidable développement des grands axes. L’effort a porté sur les réhabilitations autant que sur les constructions nouvelles. Les routes principales sont bitumées et tous les grands axes sont entretenus régulièrement. Le parc de véhicules routiers est concentré à 75% dans le district de BAMAKO. Le nombre de véhicules décroît d’une manière générale du sud vers le nord du pays.
Le réseau ferré
Long de 722 kilomètres dont 643 pour la voie ferrée principale, il relie le réseau sénégalais à Koulikoro. La compagnie Trans Rail relie Bamako à Dakar (Sénégal). Elle transporte, en moyenne, 800 000 passagers par an et 550 000 tonnes de marchandises.
Le transport aérien
Le Mali est desservi par une quinzaine de compagnies aériennes internationales. Chaque région administrative du Mali possède un aéroport desservi par des vols domestiques. L’aéroport International principal est celui de Bamako-Sénou, qui enregistre une croissance régulière de son trafic.Il existe deux compagnies aériennes maliennes : la Compagnie Aérienne du Mali (CAM) et Mali Air Express (MAE).
Le réseau fluvial
Le Niger est navigable, de Koulikoro à Ansongo, sur plus de 1 300 kilomètres. Le trafic, passagers et marchandises, n’est possible que 5 à 6 mois par an aux hautes et moyennes eaux, entre Bamako et Gao. En concurrence avec le réseau routier, il a fortement régressé depuis trente ans.