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Seuls les microsatellites répondront aux besoins de demain




Seuls les microsatellites répondront aux besoins de demain
Philippe Boissat est l’un des fondateurs de l’institution à but non lucratif «International Independant Institut for Space & Satellite Solutions» par abréviation 3i3S. En à peine trois ans d’existence, cet institut a réussi le tour de force de devenir le lieu incontournable des échanges et des débats portant sur le satellite, renforçant ainsi le rôle de la France « capitale es qualité du monde spatial ». Au delà, 3I3S ne cantonne pas son action uniquement à la promotion de cette technologie spatiale : il facilite la mise à disposition des applications satellitaires à des fins humanitaires et sociales. Une gageure qui n’est pas la dernière des fiertés de son bouillonnant président-fondateur.

L’International Independant Institut for Space & Satellite Solutions par abréviation 3i3S, a réussi en très peu de temps à être reconnu comme le spécialiste indépendant du satellite et de ses applications. Comment expliquez-vous cette réussite?

Nous avons souhaité organiser un network afin de promouvoir les applications satellitaires. Si la réussite peut être évoquée, c’est avant tout parce que nous sommes particulièrement vigilants à ne pas être manipulés par les industriels et que nos membres actifs ne recherchent pas leur autopromotion au travers de leur implication dans l’institut. Sans doute également parce que la France reste aux yeux de tous la capitale du monde spatial. J’évoque le terme network car notre institut ne réunit pas uniquement des professionnels du satellite. Il s’agit de mettre en interaction de nombreux corps de métiers puisque nous avons placé au coeur de notre action et de notre réflexion « l’application ». C’est un point très important.Actuellement, les applications satellites ne sont identifiées que par la météo, des chaînes de TV cryptée et le militaire. Or, les applications sont multiples dans l’art, la sécurité, la médecine, la culture, l’environnement, etc. Avec notre petite lampe torche, nous voulons éclairer ce qui n’est pas dans la lumière. Enfin, nous concrétisons notre démarche en participant à des initiatives caritatives et solidaires.

Comment le satellite et les technologies qui lui sont associées peuvent-ils apporter des réponses à une problématique de développement durable ?

Nous le démontrons lorsque nous nous associons à des initiatives pour la planète ou en faveur de peuples menacés. C’est le sens de notre engagement aux côtés de l’exploratrice Emilie Barrucand, présidente de l’association Wayanga pour la défense des droits, des cultures et des terres des peuples autochtones d’Amazonie. L’institut a fait en sorte qu’un satellite retransmette les images que cette exploratrice recueillait tout au long de sa mission.

Par ailleurs, nous n’avons de cesse d’affirmer que le satellite ne doit pas être cantonné à des applications classiques (météo, armée, TV). Le satellite est destiné aussi à des applications verticales dans de multiples domaines comme l’agriculture, l’environnement, la santé, etc. Or, aujourd’hui, on s’évertue à lancer de très gros satellites car les motivations sont essentiellement financières alors que les besoins futurs seront avant tout liés à des solutions spécialisées. De nouveaux acteurs comme Google et YouTube ont et auront de plus en plus recours à des microsatellites. Cela devrait faire un peu plus réfléchir tous les décideurs.

Est-ce que 3i3s a intégré cette dimension à son travail d’évangélisation et de lobbying en faveur d’autres applications satellitaires ? En quoi le satellite peut-il apporter des réponses à des projets humanitaires et sociaux ?

Nous n’avons de cesse de dire que nous faisons fausse route en envoyant des satellites toujours plus gros les uns que les autres. Les besoins de demain ne sont pas là. Des pays comme l’Inde et le Pakistan par exemple l’ont bien compris et privilégieront l’envoi de microsatellites à vocation très spécialisée.

Quant aux relations entre le satellite et les projets humanitaires et sociaux, elles sont réelles. Je prendrai l’exemple de la santé. En France, les spécialistes des yeux sont installés à Marseille, des grands brûlés à Lyon. Si une intervention en urgence est nécessaire à un autre endroit, le satellite apparaît comme un outil indispensable pour faciliter l’intervention.

Or, ce n’est que trop rarement utilisé. Avec le satellite, vous pouvez ouvrir un hôpital en pleine savane et régler le problème de la communication et de l’aide aux médecins qui ne peuvent pas couvrir les compétences d’une médecine hyper spécialisée. Dans un tout autre domaine, grâce à l’imagerie satellite, n peut établir des cartes de déperdition de chaleur dans les zones urbaines afin de favoriser les économies d’énergie. C’est de ces réalités dont chacun doit prendre conscience.

Vous semblez très critique à l’égard des Etats. Ces derniers n’auraient toujours pas mesuré le véritable potentiel des satellites ?

Je suis assez pessimiste car nos responsables politiques n’ont pas pris la mesure des enjeux liés au satellite et surtout à ses applications. Pour certaines familles politiques, le satellite est même classé dans la famille des polluants. En France, la décision la plus incroyable est à mettre à l’actif de France Telecom qui a choisi dans un premier temps de vendre toute son activité satellitaire (Ndlr. En juillet 2006, France Telecom cède sa filiale France Telecom Mobile Satellite Communications à Apax Partner France) pour, deux ans plus tard, reprendre des positions dans ce domaine. Plus largement, je considère que les décideurs n’ont pas pris la mesure de nos sociétés qui se muent en société de la mobilité. En illustration de mon propos : la place occupée par la fibre optique dans les décisions d’investissements, une solution incroyablement onéreuse.

Dans le domaine des nouvelles technologies, la problématique de la gestion des déchets n’est guère prise en compte, ou uniquement à des fins marketing. On évoque déjà le fait que l’espace serait devenu une «poubelle à espace ouvert », jonch

Cela peut effectivement le devenir si aucune réglementation n’est mise en place. On peut estimer aujourd’hui qu’il existe un millier de satellites en inactivité. Il est indispensable que rapidement cette réalité soit gérée. Actuellement, aucune règle n’existe dans l’espace. On peut pratiquement faire tout et n’importe quoi. A la communauté internationale de se saisir de cet enjeu et de préparer l’espace de demain.


http://www.3i3s.org http://www.3i3s.org






Bilan des semaines 3 et 4, d'Alméria à Casablanca: 1450 Km parcourus, environ 303 kg de CO2 dépensés soit 101 kg par personne, 6 villes visitées.