Le Mali est un État central d'Afrique de l'Ouest ayant des frontières communes avec la Mauritanie et l'Algérie au nord, le Niger à l'est, le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire au sud, la Guinée au sud-ouest et avec le Sénégal à l'ouest. Sa superficie de 1 241 238 km2 le classe au 24e rang mondial.
Climat et environnement
Le pays possède trois zones climatiques latitudinales :
• La zone saharienne représente les deux tiers nord du pays, entièrement désertiques, qui appartiennent au Sahara méridional. Les précipitations annuelles sont irrégulières et inférieures à 200 mm. Le domaine sahélien est celui des pasteurs nomades avec leurs troupeaux.
• La zone sahélienne, au centre, occupe 20% du territoire malien. Elle est relativement sèche. Une courte saison humide de 3 à 4 mois lui procure environ 30 jours de pluie par an. Elle est caractérisée par une variation de la steppe à la forêt claire, remplacée progressivement par la savane, vers le sud. La vallée du Niger est, de plus en plus, cultivée grâce à certains travaux de mise en valeur : on y trouve du riz, du coton, de l'arachide, du mil, du sorgho.
Le delta intérieur du Niger a une forte influence sur le climat local. Il abrite une zone inondable et présente une grande diversité floristique.
• La région soudanaise est la partie la plus arrosée du pays avec des précipitations de 1400 mm par an et des températures moyennes comprises entre 24 et 32 °C. C’est, dans sa partie nord, avec 60 jours de pluie par an, une région de savane devenant de plus en plus dense et se transformant progressivement en forêt vers le sud avec 90 jours de pluie par an.
Le relief est peu accentué. Les plaines alluviales, très vastes, sont toutefois dominées par quelques plateaux calcaires et de grès (Plateaux Manding et Dogon).
Le point culminant du Mali est le Mont Hombori au nord-est du Plateau Dogon.
Le déficit pluviométrique des 30 dernières années a fortement infléchi l’appauvrissement de la flore, la dégradation des paysages et anéanti certaines espèces animales sauvages dans une liaison combinée avec l’action humaine.
Les populations, dans leur tentative d’adaptation quotidienne aux nouvelles conditions climatiques, ne peuvent mesurer cet impact. L’ensemble du pays souffre d’une accélération du recul forestier, en liaison directe avec la croissance de la population et ses besoins en bois de construction et de chauffage.
Les saisons
Deux saisons spécifiques caractérisent le climat malien.
La saison des pluies ou hivernage
Elle débute lorsque les masses d’air humide, fruit de la mousson atlantique et des flux des alizés de l’hémisphère sud, parviennent sur le pays. Ce mouvement s’amorce dès le mois de mars et culmine au mois d’août avec l’apport pluviométrique le plus accentué de l’année. Les températures suivent l’évolution générale des conditions climatiques régionales avec un réchauffement des températures nocturnes.
La saison sèche
Elle s’étale de novembre à mars et elle est
caractérisée par la permanence de l’harmattan, alizé continental charriant les masses d’air sec provenant du Sahara.
Les températures sont douces à fraîches en saison sèche (très chaudes en pré-hivernage et hivernage).
La durée de la saison sèche est différente suivant les régions. Elle s’étale sur douze mois dans la zone saharienne que n’atteint pas la mousson atlantique. Elle dure environ neuf mois dans la zone sahélienne. En zone soudanienne, la saison sèche s’équilibre avec la saison des pluies, six mois chacune.
Hydrologie
Le régime des précipitations conditionne le débit général des fleuves maliens : le Niger, le Sénégal et leurs affluents.
On peut considérer la vallée du Niger comme
l’artère principale du Mali, son poumon vert. Son delta intérieur constitue un particularisme positif. Depuis 1970, la diminution des précipitations en Afrique de l’Ouest, raréfie le débit des grands fleuves et pose de véritables problèmes quant à la ressource en eau.
Deux grands fleuves : le Sénégal et le Niger
Le Sénégal traverse l’ouest du Mali sur près de 800 km. Le Niger, 3ème fleuve d’Afrique, long de 4 200 km, parcourt le Mali sur 1700 km.
Sur le territoire sud-malien, le régime des deux fleuves est typiquement tropical : minimum en avril-mai et à maximum en
septembre-octobre. La crue est en symbiose avec la répartition saisonnière des pluies.
En progressant vers le nord du territoire, les pluies locales ne jouent plus leur rôle puisqu’elles sont quasi-inexistantes depuis près de 40 ans, dans la zone sahélienne et sub-désertique (en aval de Mopti).
Le Niger voit alors son onde de crue s’amortir vers l’aval, ce qui a pour conséquence de décaler le temps de propagation de la crue à travers les régions traversées et son importance.
Les conséquences de la modification climatique
La réduction du débit du Niger et de son affluent le Bani, a des répercussions directes qui se soldent par la réduction des surfaces en eau et le raccourcissement de la durée de l’inondation. L’alimentation de la plaine deltaïque provient, en effet, pour 10% des précipitations et pour le reste de l’alimentation du Niger appuyé par le Bani.
Les aménagements hydrauliques de Markala (1943) et de Sélingué (1980) pèsent également sur le déficit des fleuves ainsi que les prélèvements destinés aux irrigations du paléo-delta. Le débit du Niger est réduit, par là-même, avant son entrée dans la zone inondable.
La réduction des plaines inondées, due à l’accumulation de ces facteurs est passée de : 25000 km2 en 1966 à 7500 km2 en 1989 (moyenne des surfaces inondées de juillet à décembre).
Cette réduction des débits a, par conséquent, engendré une diminution des surfaces exploitables par l’agriculture et un raccourcissement de leur durée d’exploitation.
Histoire
Le Mali est un pays d’histoire. Les recherches ont montré que le territoire malien a été habité dès l’aube de la Préhistoire : le Paléolithique inférieur (1,8 à 1,5 millions d’années) et de nombreux sites en attestent.
Toutes ses régions sont imprégnées des grands empires qui ont modelé l’Afrique occidentale du IVe siècle au XIXe : Empire du Ghana, Empire du Mali, Empire Songhaï, Royaume Bambara de Ségou et Empire Peul du Macina.
Vers le IVe siècle, entre les fleuves Niger et Sénégal, naît l’Empire du Ghana (le Ouagadou). Fondé sur le commerce de l’or et du sel, il prospère jusqu’à la fin du XIe siècle puis s’éteint sous l’effet des guerres de religion et des sécheresses.
L’Empire du Mali (le Mandé) fondé au XIe siècle et constitué de petits royaumes, est fédéré par Soundjata Keïta au XIIIe siècle. L’Empire est à son apogée au XIVe siècle sous le règne de Kankou Moussa puis de son frère Mansa Souleymane. La paix et la sécurité règnant dans le pays, le commerce transsaharien connaît alors son apogée. Les caravanes échangent sel, cuivre et étoffes contre de l’or et des esclaves. Un brassage culturel s’établit qui donnera naissance à une civilisation négro-arabo-berbère dont les principaux centres de rayonnement étaient Tombouctou, Gao, Djenné, Niani. Jusqu’à la fin du XIVe siècle, elles rayonnent artistiquement, intellectuellement tout autant que commercialement.
L’Empire Songhaï au XVe siècle est fondé par Sonni Ali Ber qui libère les Songhaï de la domination des Touaregs et du Mali. Son règne qui établit la puissance de l’Empire dura 27 ans. A sa mort, c’est son général Mohammed Touré qui prend
le pouvoir et lui succède sous le nom d’Askia Mohammed. C’est encore une période de paix et de prospérité que ses successeurs, les Askia, maintiendront jusqu’à l’invasion marocaine du Pacha Djouder et la défaite de Tondibi en 1591. Depuis la domination marocaine, le désordre s’installe partout, de grandes famines éclatent ; le centre d’intérêt commercial se déplace vers la côte atlantique. L’Empire se morcèle, ensuite, en petits royaumes guerriers surtout entre les XVIIe et XVIIIe siècle lorque la traite des esclaves est devenue l’activité dominante dans cette région.
Le Royaume Bambara de Ségou émerge à la fin du XVIIe siècle, avec Biton Mamari Coulibaly, simple chef d’association de jeunes, qui grâce à ses prouesses militaires fera sentir son influence jusqu’au Macina. Ses fils et successeurs seront contestés par ses généraux tondjon. A partir de la moitié du XVIIIe siècle, ceux-ci prennent le pouvoir et fondent la dynastie des Diarra dont la figure la plus illustre sera Monzon Diarra qui étendra l’influence du Royaume jusqu’à Tombouctou.
C’est contre l’animisme que s’élèveront successivement les Peuls du Macina puis les Toucouleurs avec El Hadj Omar. Les Français, tout au début de la pénétration coloniale, ayant jalonné le fleuve Sénégal de postes militaires, commencent à s’inquiéter vivement, surtout lors du long siège du fort de Médine par El Hadj Omar.
Cependant, toutes les tentatives de réunification du Soudan occidental, en cette fin du XIXe siècle, sont vouées à l’échec car les puissances européennes, réunies à Berlin en 1885, se mettent d’accord pour se partager le territoire. Basés à Kayes, les Français fondent le poste de Bamako et partent à la conquête de la boucle du Niger entre 1890 et 1900. Le pays s’appelle désormais le Soudan. « Soixante dix ans de colonisation n’entraînent pas de profondes transformations socio-économiques. Cela explique en partie que la lutte politique ait été particulièrement âpre au Soudan français. Depuis, la naissance du Rassemblement démocratique de 1976 à Bamako, la ville n’a cessé d’être le rendez-vous des grands rassemblements nationalistes » souligne l’historienne et ex-ambassadeur Madina Ly. Le 4 avril 1959, le Sénégal et le Soudan se regroupent pour former la Fédération du Mali qui obtient l’indépendance le 20 juin 1960. Deux mois plus tard, le Sénégal se retire et proclame son indépendance. Le 22 septembre 1960, le Soudan proclame son indépendance, sous la conduite de Modibo Keïta en conservant le nom de Mali.
En 1968, Modibo Keïta est renversé par un coup d'État conduit par un groupe d'officiers ayant à leur tête Moussa Traoré, qui instaure une dictature. En 1991, celui-ci est renversé à son tour par le général Amadou Toumani Touré qui, après une période de transition, restaure la démocratie avec l'élection d'Alpha Oumar Konaré en 1992. Il est réélu en 1997.
En 2002, Amadou Toumani Touré, qui a quitté l'armée pour se présenter, est élu Président de la République du Mali, et réélu en 2007.
Population
C’est une population très jeune. Elle est de 13,5 millions d’habitants dont 50% de moins de 18 ans et 5% de plus de 65 ans.
L’évolution numérique de la population depuis 50 ans montre une croissance régulière. L’explosion démographique actuelle est due à une double mouvement : l’augmentation d’une forte natalité et la baisse sensible de la mortalité, surtout infantile.
Une dizaine d’ethnies cohabitent en parfaite intelligence et offrent au pays une grande richesse culturelle. En ce qui concerne les modes de vie, il faut établir une distinction fondamentale entre les peuples sédentaires et les peuples nomades.
Chez les sédentaires, on distingue :
• le groupe manding : Bambara, Malinké, Dioula
• le groupe soudanien : Sarakolé, Dogon, Songhaï
• le groupe voltaïque : Mossi, Sénoufo, Bobo, Minianka et quelques populations marginales Toucouleur, Wolof.
Chez les nomades, on trouve les Touaregs, les Maures et certains Peul. Dans ce groupe, il faut distinguer le grand nomadisme du Nord du petit nomadisme limité à la transhumance des troupeaux à la recherche de pâturages.
Le taux d’urbanisation est encore faible au Mali. La capitale Bamako a dépassé le million d’habitants en 1998. La capitale compte pour 10,6 % de la population totale et pour 39,1 % de la population urbaine du pays. Cette croissance pose des problèmes en terme d’infrastructures urbaines.
La langue officielle est le français, bien que chaque ethnie utilise également sa propre langue.
L’Islam modéré est la religion la plus pratiquée (90%). Les différentes croyances animistes sont également présentes (9%) ainsi que le catholicisme (1%).
Politique
Le Mali est une République avec un parlement unicaméral. Le pouvoir exécutif est représenté par le Président de la République et son Gouvernement et le pouvoir législatif par l'Assemblée Nationale. La plus haute autorité judiciaire est la Cour Suprême.
Les présidents du Mali, Chefs de l'État malien depuis l'Indépendance en 1960 sont :
• 1960 : Modibo Keïta
• 1968 : Général Moussa Traoré
• 1991: Colonel Amadou Toumani Touré
• 1992 : Alpha Oumar Konaré, réélu en 1997
• 2002 : Général Amadou Toumani Touré.
• 2007 : Amadou Toumani Touré est réélu pour un second
mandat de cinq ans avec 70,88 % des voix (1 622 579 suffrages exprimés) contre sept autres candidats.
Le suffrage universel, s’exerce pour tous les maliens à partir de 21 ans.
Depuis 1991, le Mali est une république dans laquelle, démocratiquement, toutes les sensibilités politiques peuvent s’exprimer. L’économie est libre dans un contexte de grande stabilité institutionnelle et de paix sociale.
Ce contexte est favorable à de grandes rencontres internationales telles que : la Coupe d’Afrique des Nations, en 2002, le Sommet des Etats sahélo-sahariens en 2004, l’Assemblée Parlementaire Paritaire ACP-Union Européenne et le sommet Afrique-France, en 2005, la 3°édition du FITS en 2008.
Le Mali est membre de plusieurs organisations africaines et internationales telles que : l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), le Bureau International du Travail (BIT), l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), La Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union Africaine (UA), l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), l’Organisation Mondiale du Tourisme, l’Organisation des Nations Unies…
Administration
Le Mali est divisé en huit régions et un district. Ces subdivisions portent le nom de leur ville principale. Les trois régions du nord sont Gao, Kidal et Tombouctou qui représentent les deux tiers de la superficie du pays mais seulement 10% de sa population.
Au sud, le pays se divise entre les régions de Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou, Sikasso et le district de Bamako.
Il y a 703 communes au Mali, dont 684 nouvelles communes ont été créées en 1996.
La décentralisation est, actuellement, la réforme majeure. L’objectif est de transférer des compétences aux collectivités territoriales de manière que les affaires locales soient gérées au plus près des populations.
Une loi de 1999 établit cette réorganisation administrative et territoriale du Mali en créant les cercles (regroupement de communes) et les régions (regroupement de cercles). L'état malien a créé une Direction nationale des collectivités territoriales au sein du Ministère de l'Administration Territoriale et des Collectivités Locales (MATCL). Elle est chargée de suivre la mise en oeuvre de la décentralisation et le renforcement des capacités des collectivités territoriales. Des dispositifs d'appui technique et financier sont également en place.
En 2005, a été créé le Haut Conseil des Collectivités Territoriales qui assure la représentation nationale des collectivités territoriales. Son avis est requis sur toutes les questions concernant la politique de développement local et régional, la protection de l’environnement et l’amélioration de la qualité de vie des populations à l’intérieur des collectivités territoriales.
Agriculture
Les activités agricoles occupent une place importante dans la vie du pays : 80% de la population en vit encore. La modernisation ne touche que peu de secteurs.
L’agriculture vivrière.
Elle se distingue schématiquement en 3 grands types : l’agriculture extensive ou itinérante sur brûlis dans les zones à faible densité de population ; l’agriculture semi-intensive, aux terroirs « en auréole », autour des villages et les agricultures intensives en culture permanente.
Les principales productions vivrières. Près de 70% de la ration alimentaire des populations maliennes proviennent des céréales dont les plus cultivées sont le mil (810 000 t) le riz (2ème rang de la production céréalière grâce à de forts rendements), le sorgho (600 000 t), le maïs, le fonio - céréale rustique - et le blé. Les cultures légumières autour des villes, complètent l’alimentation des populations.
Les cultures industrielles et commerciales
L’arachide qui a connu un déclin dans les années 1980 a retrouvé son niveau de production de 200 000 t vers 1995 mais a cédé sa 1ère place à l’exportation, au coton. La canne à sucre fournit 25 % des besoins maliens en sucre. Les théiers nouvellement introduits par la coopération chinoise, n’ont pas connu l’essor prévu.
Elevage
Le cheptel joue un rôle déterminant dans l’économie nationale et a doublé en 20 ans malgré la détérioration climatique. Les races bovines - zébus et taurines - de faible production laitière, sont toutes productrices de viandes et sont adaptées au travail pour les premières. Ovins et caprins fournissent localement la viande. L’élevage est pratiqué sur un mode original selon les régions, avec un grand axe de transhumance vers la zone d’inondation du delta intérieur.
La Pêche
Le Mali a toujours été un producteur important de poisson. La pêche est saisonnière et semi-nomade car elle correspond à la période de décrue du Niger (175 000 t en année normale);70 % du poisson est séché ou fumé. L’industrialisation et la conservation par le froid, n’en sont qu’à leurs débuts.