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Nouveau trou dans la couche d’ozone, mais cette fois en Arctique




Nouveau trou dans la couche d’ozone, mais cette fois en Arctique
On pensait le trou dans la couche d’ozone réservé à l’Antarctique. On se trompait : un second trou s’est ouvert au-dessus de l’Arctique, et il est de la même taille. Bien que l’Homme n’y soit cette fois apparemment pour rien, ce phénomène n’est pas pour autant sans danger pour lui.

Un trou d'une taille équivalente à cinq fois l’Allemagne a été découvert dans la couche d'ozone au-dessus de l'Arctique  
Publiée dans le magazine scientifique britannique Nature, l’étude révèle un fait inquiétant : « Pour la première fois, la diminution (de l’ozone, ndlr) a été suffisante pour qu’on puisse raisonnablement parler de trou dans la couche d’ozone en Arctique ». Des observations satellitaires ont en effet montré que « la destruction de l’ozone a commencé en janvier, puis s’est accélérée », jusqu'à atteindre un pic « durant 27 jours en mars et au début du mois d’avril, sur une surface d’environ 2 millions de km2, soit à peu près cinq fois l’Allemagne ou la Californie ». De tels niveaux avaient déjà été atteints au milieu des années 1980, mais seulement en Antarctique.

Un phénomène exceptionnel au pôle Nord

L’ozone présent dans la stratosphère forme entre 13 et 40 km d’altitude une couche qui protège les organismes vivants contre les nocifs rayons ultraviolets du soleil. Or cette couche se réduit naturellement au niveau des pôles en hiver et au printemps, sous l’effet du froid. Cela explique en partie l’observation du premier trou, au pôle Sud, où les températures sont bien plus basses.

L’autre facteur de destruction de la couche d’ozone est le rejet dans l’atmosphère par l’Homme des gaz CFC (chlorofluorocarbones), utilisés notamment dans les systèmes de réfrigération et les aérosols. Cette pollution a toutefois été endiguée grâce au Protocole de Montréal, signé en 1987, et aujourd’hui ratifié par 196 pays (seule la médecine emploie encore des CFC, et en très faible quantité).

Depuis, on constate que le trou dans la couche d’ozone au-dessus du continent antarctique a tendance à rétrécir dans la stratosphère.


Quel est donc la cause du nouveau trou au pôle Nord ?

Un « vortex polaire », indiquent les scientifiques, un phénomène qui a fait anormalement chuter les températures… et qui s’est déplacé…

En effet, une étude récemment publiée montre que le réchauffement climatique va modifier la circulation de l'ozone entre la stratosphère et la troposphère (basse atmosphère).

Michaela Hegglin et Theodore Shepherd, de l’université de Toronto, ont modélisé l'évolution vraisemblable de la circulation de l'ozone jusqu'en 2095. Pour cela, ils se sont basés sur les prévisions du Groupe international d'experts sur le climat (GIEC). « Notre étude montre qu'il y a une nouvelle menace pour la couche d'ozone, à savoir le changement climatique, qui va soit augmenter soit diminuer les UV en fonction des régions », ont-ils déclaré.

Les auteurs de l'étude ont montré que « les quantités d'UV reçues au sol par temps clair à la fin du 21ème siècle par rapport à 1965, avant la formation du trou d'ozone, diminueront de 9 % dans les hautes latitudes de l'hémisphère nord, en Scandinavie, dans le nord de la Russie ou en Alaska ». En revanche les terres australes situées à plus de 60° de latitude Sud vont connaître une augmentation de leur exposition aux UV à la fin du siècle.

 


Des populations exposées

En avril, le trou a « survolé » durant une quinzaine de jours l’Europe de l’Est, la Russie, puis la Mongolie. Certaines régions peuplées ont ainsi pu être exposées aux ultraviolets. Lors du passage, les auteurs de l’étude ont d’ailleurs eux-mêmes constaté « des valeurs inhabituellement élevées » dans ces zones.

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