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Mali, terre d'accueil et de tradition




Quels sont les facteurs qui vous semblent prédominer dans le choix du Mali comme destination de voyage?

Mali, terre d'accueil et de tradition
Le Mali, du fait de ses potentialités touristiques exceptionnelles, tant dans le domaine du tourisme culturel que dans celui de l’écotourisme, a toujours été une destination de choix des touristes internationaux dans la sous-région ouest africaine. Nous n’ avons pas moins de quatre sites classés Patrimoines Culturels Mondiaux par l’UNESCO comme le Pays Dogon, Tombouctou, Djenné et le Tombeau des Askia à Gao.

Depuis 2002, avec l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN Football) les infrastructures d’hébergement, de restauration et d’animation se sont multipliées tant en quantité qu’en qualité.
De plus les réseaux de communications - autant les routes que la téléphonie - et même les systèmes de transports se sont multipliés. Nous avons bénéficié de la création de nouveaux aéroports tels Kayes et Sikasso et d’une modernisation considérable des aéroports existants comme Bamako, Tombouctou, Mopti et Gao. Aussi, cette amélioration de la qualité de l’accueil et des moyens de transport a-t-elle incité les touristes étrangers à visiter encore plus nombreux notre pays.

Quelle est la progression du tourisme malien?

Les statistiques de ces dernières années le prouvent à suffisance, le tourisme est en forte croissance : 94 300 touristes en 2001, 252 000 en 2007 soit presque un triplement des arrivées en six ans.Ce désir d’améliorer les performances ne nous fait pas perdre de vue le souci de sauvegarde de notre patrimoine culturel et environnemental, toutes choses concourant à un développement durable de l’activité touristique.

Quel type de tourisme visez-vous?

Le Mali a toujours mis l’accent sur la promotion d’un tourisme de qualité, c’est-à-dire un tourisme de découverte et de séjour car il offre essentiellement des produits culturels et écotouristiques. Ces produits sont fragiles, ils font partie des patrimoines des populations qui en vivent.De ce fait, le tourisme malien ne sera jamais un tourisme de masse.

Comme je l’ai précédemment souligné, et conformément au Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP) et le Programme de Développement Economique et Social (PDES), notre politique touristique vise un développement durable de l’activité pouvant contribuer à augmenter les revenus du pays et à réduire la pauvreté des populations.

Sur un autre plan, le développement de l’hôtellerie haut de gamme, avec la mise en place d’infrastructures de congrès et de loisir-détente dans notre capitale, va faire du District de Bamako l‘un des principaux pôles de tourisme de congrès, de rencontres internationales et de festivals de la sous-région ouest africaine.

Les touristes d’affaires, que génère cette activité de congrès, se convertissent facilement en touristes de découverte grâce à toute une série d’initiatives qui visent à développer un secteur touristique et culturel autour du District et à l’intérieur du pays.

Pensez-vous que ce tourisme puisse ouvrir les populations locales à une nouvelle vision de la planète et malheureusement - ou heureusement - changer les mentalités?

C’est un fait attesté, nos populations sont de cultures accueillantes. Elles ont toujours mis un point d’honneur à rendre le séjour des visiteurs le plus agréable possible. Par nature, elles savent être à l’écoute de leurs hôtes et tirer profit de ce qui leur paraît utile. Nos populations sont perméables à tout ce qui contribue à améliorer leur condition de vie, car elles ne veulent pas vivre de manière statique, en dehors de l’évolution du monde. Elles entendent évoluer positivement avec la planète, mais cela, sans perdre leur âme.

Les études montrent que près de la moitié des artisans maliens sont des femmes. Dans quel domaine se situe leur production?

Les femmes maliennes sont, de tout temps, dans l’artisanat d’art et l’artisanat dit utilitaire.Ainsi, dans le domaine du textile, elles opèrent dans le cardage, la filature et même le tissage. La teinture est leur domaine de prédilection, faisant d’elles les teinturières les plus réputées de la sous-région. On connaît partout dans le monde les fameux bogolans maliens, les batiks ou le wax artisanal.Elles opèrent également dans la poterie, la vannerie et la maroquinerie, notamment au nord du pays.

L’artisanat de parure est également un de leur domaine comme la coiffure, le maquillage traditionnel qu’elles exploitent pour le plus grand bonheur des visiteurs photographes. Ainsi l’artisanat rejoint-il le tourisme dans un esprit de plus grande diffusion de nos produits locaux.

Vous faites de nombreux efforts de promotion vers les pays francophones et européens, souhaitez-vous élargir vos axes de développement vers d’autres pays?

Il est vrai que l’Europe, avec notamment la France, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne, constitue la principale région émettrice de touristes vers le Mali et que le gros de nos efforts de promotion vise cette région.Cependant, tout comme notre ambition est de diversifier notre offre touristique, nous tendons nos efforts vers des pays et des régions nouvelles pouvant émettre des touristes vers la destination Mali. Ces efforts de diversification nous les faisons notamment avec la participation à des Salons de Tourisme en Europe du Nord (Pays Scandinaves), en Europe de l’Est (Russie), en Asie (Chine) et dans les Amériques (Etats-Unis, Canada).

Nous sommes bien conscients que le patrimoine traditionnel d’un pays se compose de l’ensemble des réalisations matérielles et immatérielles léguées par les générations précédentes. C’est pourquoi au Mali, il s’agit avant tout d’un tourisme d’adhésion, d’un tourisme totalement culturel et, nombreux sont les voyageurs de tous les continents, curieux d’un autre art de vivre et d’un accueil proverbial qui rêvent de ce type d’échange inédit.

La politique touristique du Mali vise un développement d’un tourisme solidaire et durable. Le principe est que le tourisme soit un facteur de croissance dont les retombées bénéficient effectivement aux populations locales sans porter atteinte à l’environnement ou aux us et coutumes. Une Charte du Tourisme Responsable et Solidaire a été signée en 2007 avec les opérateurs de la filière, encourageant et impliquant les habitants dans les différentes phases du projet et prévoyant une redistribution équitable des revenus de l’activité.En 2006, les recettes touristiques dépassaient 126 millions d’euros (83,6 milliards de FCFA) soit une augmentation de 29 % en 5 ans. Dans le même temps, les investissements touristiques sont passés de 6 millions d’euros (en 2001) à 25,2 millions d’euros (16,5 milliards de FCF). Le parc hôtelier a doublé tandis que le nombre d’emplois du secteur a augmenté de 75 % en 5 ans. La capitale Bamako, compte à elle seule une centaine d’hôtels et 2500 chambres.








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