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Maisons passives et éco-quartiers : premières expériences en FranceLes maisons individuelles
En France, les maisons individuelles et éco-quartiers labellisés « Développement durable » font l’objet d’une attention médiatique inversement proportionnelle à leur nombre.
Bien que la quantité de bâtiments certifiés Haute Qualité Environnemental progresse chaque année, ces réalisations restent en effet non seulement assez confidentielles mais la plupart du temps accomplies par des maîtres d’ouvrage particulièrement sensibilisés à la question. Fin 2007, on ne comptait en France que 445 maisons certifiées HQE, soit 0,24% des habitations individuelles construites. Lors du Grenelle de l’Environnement, le ministre Jean-Louis Borloo avait rappelé avec force l’objectif de généraliser à l’horizon 2020 les constructions à «énergie positive » qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment. En à peine plus de dix ans, le chemin à parcourir est donc immense. Certains l’ont déjà emprunté en France, aussi bien au travers de projets individuels que pour des réalisations résidentielles communément appelés «éco-quartiers». Voici une petite revue d’effectif des maisons individuelles aux quartiers urbains durables, en passant par les premières esquisses de lotissements durables. C’est un fait. L’engouement pour les constructions écologiques est réel depuis quelques années. Reste que si les projets individuels se multiplient, la grande majorité des candidats à l’habitat durable neuf attendent des offres packagées Développement durable. Les industriels de la construction s’y intéressent de près, conscients d’une part que la réduction de la facture énergétique contribuera à faciliter la décision des futurs propriétaires - si tant est que le prix de la maison écolo ne soit pas prohibitif – mais aussi pour des raisons d’image et de marketing dans une période où le bâtiment et l’immobilier sont en crise. Ainsi, le groupe Geoxia, qui commercialise la marque Phenix mais aussi Maison Familiale, Maison Catherine Mamet, Maison Castor, Demeures de la Côte d’Argent, Maisons Clairlande et La Bonne Maison, a lancé à l’été 2008 avec l’architecte Emmanuel Coste son concept de « La Maison du bon sens », la première maison éco-respectueuse. Cette « Maison du bon sens » étant le fruit d’un premier travail intitulé « Bonne maison » auquel était associé Yann Arthus Bertrand, le photographe mondialement reconnu pour sa démarche écologique. Constituée de dalles de béton fibrées de bois sur une ossature métallique et pourvue à l’extérieur d’un bardage bois, elle dispose d’une isolation renforcée, d’une solution de chauffage bi-énergies et d’une exploitation des énergies naturelles lui permettant d’économiser selon le constructeur jusqu’à 80% d’énergie par an selon les régions. Avec une consommation énergétique de 50 kWh/m2/an, elle anticipe ce qui sera la norme d’ici à 2012. Elle permet également une gestion optimale de la consommation d’eau grâce à divers équipements comme, par exemple, un récupérateur d’eau de pluie, des mousseurs économiseurs d’eau, etc. Disponible en deux versions de 98 à 121 m2, son prix de référence est de 125 000 euros, soit environ 1 250 euros/m2 contre un prix moyen de 1 100 euros/m2. Elle dispose des labels NF démarche HQE et Effinergie. La première réalisation est sortie de terre à Boutigny-Prouais, une petite commune d’Eure-et-Loire. Pour Roland Germain, le pdg de Geoxia, qui entend « entraîner le marché de la maison individuelle vers la qualité et le respect de l'environnement », ce projet est exemplaire car il a permis d’établir un partenariat avec des industriels, de s’approcher de bonnes performances énergétiques par le soin apporté à la conception de l'enveloppe, à l'apport en énergies renouvelables et à l'économie en eau et énergie. Pour un surcoût de 15 à 20 % par rapport à une construction classique, avec un retour sur investissement dans les 20 ans. Les éco-quartiers
Un cran au dessus de ces projets individuels on trouve les éco-quartiers ou quartiers durables. Ceux-ci bénéficient il est vrai, de l’appui de collectivités territoriales, qui entendent ainsi démontrer leur implication au nom de l’Agenda 21 et de l’Etat qui entend les institutionnaliser dans le cadre de l’application des orientations du Grenelle 1.
Les projets d’éco-quartiers commencent à voir le jour en France, quelques années après les premières réalisations en Europe du Nord comme BedZed en Grande-Bretagne ou Vauban à Fribourg. Quelle est la philosophie des éco-quartiers? D’un point de vue social tout d’abord, il s’agit de veiller à une très bonne mixité socioéconomique, culturelle et générationnelle. Ensuite, les services et les commerces de proximité, multi fonctionnels, doivent irriguer les besoins courants des habitants. Par ailleurs, le quartier durable gère avec efficacité la mobilité de ses habitants (transports courts et en commun… donc baisse de l’usage de la voiture), l’énergie dont il a besoin ainsi que les déchets. Enfin, faut-il rappeler qu’une bonne gestion de l’eau est primordiale ainsi que l’usage de matériaux de construction durables. Un certain nombre de villes se sont lancées dans l’aventure de l’éco-quartier, aussi bien au nord et à l’ouest de la France comme Lille, Douai, ou Rennes mais aussi dans l’est (Strasbourg) et le sudest (Châlons-sur-Saône, Grenoble) et dans le sud (Perpignan, Bordeaux). Interrogé sur la problématique des éco-quartiers par le Conseil National de l’Ordre des Architectes, Alain Juppé, n'avait pas caché pas son enthousiasme. Il estimait en effet que « les expériences d'éco-quartiers sont la réponse de demain : parce qu'il faut économiser nos ressources pour protéger la planète, parce que la vie en ville doit rester, ou redevenir amicale, parce que nous avons tous envie de voir nos enfants jouer dans la rue ou se déplacer sans risque. Et, à Bordeaux, le 1er éco-quartier, la Berge du lac, est sorti de terre en 2010, et le second, Bastide-Niel, suit de près. » Avant Bordeaux, Rennes fait figure de pionnière en France, forte du réaménagement du quartier de la Courrouze, un ancien terrain militaire. A ce propos, la réorganisation de la carte militaire en France donne une occasion aux villes concernées de réfléchir à un tel projet. A Rennes donc, sur les 115 hectares, sont édifiés quelques 4 700 appartements dont 25% sociaux, 26 000 m2 d’équipements, 11 000 m2 de commerces et 100 000 m2 de bureaux. Une ligne de bus ainsi que la seconde ligne de métro de l’agglomération desserviront le site. D’un point de vue environnemental, le maître d’ouvrage a prévu de réserver quelques 40 hectares aux espaces verts. Autre exemple de taille plus modeste : Limeil-Brévannes, dans le Val-de-Marne. Le projet de cette municipalité de 20 000 habitants est de réaliser un nouveau quartier qui accueillera environ 2 000 brévannais pour 800 logements dont la moitié est réservée à la propriété. Les huit promoteurs qui se sont associés au sein d’une SEM se sont engagés à signer un cahier des charges commun sur tous les types de construction, le label Habitat Cercal. Environ 20% de la ZAC est réservé aux espaces verts. Dans le but de pallier le manque de transports (autre que bus), des solutions de co-voiturage, de partage de voitures, de location de vélos sont envisagées. Enfin, la ville entend également mettre en place le principe de commerce équitable. Vocabulaire
La maison bioclimatique
Etre l’allié du climat et non son ennemi pour mieux utiliser ses apports solaires (chaleur et lumière), se protéger du froid mais aussi de la chaleur estivale. L’objectif étant d’atteindre la sobriété énergétique et un confort d’habitation accru. La maison passive Une idée simple fonde le concept : en combinant la production énergétique de ses habitants et des appareils électro-ménagers, informatiques, etc. qu’ils utilisent et une qualité extrême dans l’assemblage (chasse aux ponts thermiques), dans l’isolation et dans la ventilation du bâtiment, on peut obtenir une maison qui ne consomme quasiment pas d’énergie. La maison à énergie positive En appliquant les recettes de la maison passive, il s’agit d’installer des éléments de productions énergétiques qui dépassent les besoins de la maison et de ses occupants. Cela peut prendre la forme de panneaux photovoltaïques, de géothermie, d’éolienne, etc. La maison écologique La réflexion est poussée à son paroxysme puisque, est intégré à sa conception, l’objectif de réduire drastiquement toutes les formes de nuisances environnementales liées à l’eau, aux déchets ménagés, aux sanitaires intérieurs (toilettes sèches par exemple). -
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