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Le projet d’Union Méditerranéenne


A la veille, de la présidence française de l’Union Européenne qui débutera le 1er Juillet prochain, pour six mois, l’Europe s’est mise d’accord pour donner un nouvel élan au processus de Barcelone ouvert en 1995. Le but vise à s’engager en faveur d’une coopération renforcée dans l’espace méditerranéen. Présenté comme un projet d’Union pour la Méditerranée (UPM) il s’agit, pour lui, de trouver les voies d’une relance de coopération dans cet espace qui n’est pas seulement géographique. Il est également, économique, industriel avec des initiatives par exemple en matière de transport et d’énergie importantes. Je pense par exemple, à celle d’un TGV entre Tanger et Casablanca. La Méditerranée est également un lieu stratégique, un espace primordial où peut s’exercer une coopération en matière de sécurité, mais également en faveur d’un co-développement. Il s’agit d’une région, marquée dans son histoire, par les migrations, les échanges entre les hommes et les marchandises.



Une union politique

Le projet d’Union Méditerranéenne
Pour donner corps à cette volonté politique, une présidence conjointe verra le jour. Elle sera assurée par un pays du sud et un du nord de la Méditerranée, assistée d’un secrétariat. Un sommet sera organisé tous les deux ans et devra réunir 43 pays. Le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, s’est montré particulièrement motivé par ce projet qui ne peut que renforcer le dialogue entre les pays concernés. Près de 10 milliards d’euros de fonds de la communauté
européenne seront alloués aux 10 pays du sud de la Méditerranée.

A la base, la France a souhaité que puisse voir le jour une « Union politique, économique et culturelle fondée sur le principe d’égalité stricte entre les Nations d’une même mer ». Cette « nouvelle étape de la coopération de la Méditerranée » qui passe par une relance du processus de Barcelone qui avait marqué les années 1990, en faveur de la coopération dans l’espace de la Méditerranée, semble constituer un projet phare pour les prochaines années. Certes, l’initiative qui est désormais partagée par la France et l’Allemagne, ne fait pas l’économie de réserve de certains pays comme la Slovénie qui ne souhaitent pas voir l’émergence de nouvelles structures.

Cependant, la définition de projets concrets tels que ceux concernant la dépollution de plusieurs sites ( à ce jour 130 identifiés) , contribuent à la crédibilité de l’UPM et à sa viabilité. Ce grand dessein vise à créer une zone de coopération privilégiée entre les pays de la Méditerranée. Il est présenté par la France comme l’un des axes modèles en matière de politique étrangère européenne. Cette ambition a dû, être revue à la baisse, afin de gagner l’assentiment des européens dont la majorité ne veut pas entendre parler de nouveaux mécanismes de coopération. C’est pourquoi, il s’agit pour l’heure de relancer le processus de Barcelone.

Les optimistes affirmeront qu’une dynamique nouvelle est lancée. Les sceptiques se feront entendre en déclarant que l’UPM est une tentative de la France d’affirmer par la force, les voies d’une influence subie, plus qu’acceptée par l’Union Européenne. Et pourtant ! La Méditerranée est un espace de coopération, stratégique d’évidence pour les européens. L’Espagne, le Portugal, la France, l’Italie, la Grèce, constituent autant de partenaires d’importance sur le plan économique et financier des pays du Maghreb et du Moyen-Orient. Il est le prolongement naturel vers le continent africain en général, vers l’Afrique de l’ouest et l’Afrique centrale en particulier.



Ambitions pour l’Afrique

Les investissements sur le plan des infrastructures concernant les routes, le transport de marchandises, de passagers, touchant à l’énergie ont des répercussions immédiates sur la Méditerranée, tant l’un semble apparaître comme une forme de prolongement de l’autre. C’est pourquoi, il est important qu’une ambition pour l’Afrique, puisse être réaffirmée dans l’esprit de la nouvelle impulsion donnée à la coopération avec la méditerranée. A l’heure de la mondialisation, de nouveaux acteurs internationaux aussi importants que la Chine, apparaissent sur ce continent. Les matières premières dont cette puissance a besoin pour son propre développement expliquent cette réalité. C’est pourquoi, l’accès aux marchés chinois et asiatiques tout autant qu’américains et européens, constitue le socle d’une ambition nouvelle avec l’Afrique et non pas seulement pour l’Afrique.

L’Afrique est un continent divers et pourtant au destin lié. L’Afrique du Sud est devenue un marché de première importance pour les infrastructures lourdes, pour l’énergie. Elle est déjà lancée dans le défi du nucléaire civil. Avec l’Angola, elle constitue un poids lourd de l’Afrique australe.
L’Afrique du Nord, avec des économies de plus en plus tournées vers les services, est l’autre pôle de développement et de transformation des sociétés marquées par la participation et la réactivité économique.

L’Afrique de l’Ouest et centrale rassemble un tissu de PME, autant d’éléments qui fondent le besoin de renforcement des unions régionales. Autant sur le plan financier, qu’industriel, les structures existent, les besoins sont connus. L’offre se diversifie dans le monde global dans lequel nous vivons désormais. Mais la seule dimension économique ne saurait être le seul élément d’un partenariat avec l’Afrique : la fierté d’un passé séculaire glorieux et souvent flamboyant, les affres du colonialisme, les recherches de voies nouvelles d’un développement socio-économique durant les 50 dernières années, alimentent une identité contemporaine qui peut être mise au service d’une économie sociale de marché. L’Union européenne a un rôle important à jouer pour faciliter la réussite de ce défi majeur pour notre avenir.


Dans ce contexte, l’ambition avec l’Afrique consistera sans doute à renforcer les bases d’un partenariat qui ne pourra pas faire l’économie des questions portant sur la formation technique et professionnelle, l’accueil des étudiants étrangers, une politique de grands travaux au service du développement régional et local. Autant de perspectives que l’Union pour la Méditerranée peut contribuer à dynamiser et à rendre possibles








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