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La biodiversité en danger


La liste rouge des animaux en sursis :
1 espèce de mammifères sur 4
1 espèce d'oiseaux sur 8
1 tiers des amphibiens



La biodiversité en danger
Soit 1 983 espèces animales en danger de disparition, sur les 16 119 classées comme menacées parmi les 44 838 espèces vivantes de la planète, chacune répertoriée par les scientifiques internationaux.
A ce jour, 784 espèces sont éteintes et 65 ne doivent leur survie qu’à la captivité… C’est-à-dire que selon les cas, le taux d’extinction est de 100 à 1 000 fois supérieur à la normale, à cause et surtout, de l’impact des activités humaines.

« Au cours de notre vie, des centaines d’espèces pourraient disparaître en raison de nos propres actions, ce qui constitue un signe alarmant sur l’état des écosystèmes où elles vivent », indique Julia Marton-Lefèvre, Directrice générale de l’UICN qui a révélé lors du Congrès mondial de la nature de Barcelone (Espagne) cette alarmante « Liste rouge » le 6 octobre 2008.


Pourquoi une Liste rouge des mammifères?

La biodiversité en danger
Cri d’alarme des scientifiques à l’échelon mondial, elle constitue un état des lieux mené par les experts de la Commission de sauvegarde de l’UICN et qui concerne des milliers d’espèces et de sous-espèces. Ce serait, selon Holly Dublin, Présidente de la Commission de la sauvegarde des espèces, la « norme d’or internationale » pour le suivi du statut de conservation dans le monde entier.
Cette dernière Liste rouge d’octobre 2008 (1) est, entre autres, l’évaluation la plus complète des mammifères de la terre qui, eux, résultent de 3,5 milliards d'années d'évolution. Elle confirme bien la crise. Une espèce sur quatre peut être rayée du monde : 1 141 espèces sur les 5 487 mammifères existants !
Elle répond à des questions essentielles, pour tous, telles que : Dans quelle mesure telle espèce est-elle menacée ? Par quoi ? Combien y a-t-il d’espèces menacées dans telle région du monde ? Combien compte-t-on de disparition d’espèces ?

Avec le système de la Liste rouge de l’UICN, chaque espèce ou sous-espèce est classée dans l’une des neuf catégories suivantes : Eteint (EX), Eteint à l’état sauvage (EW), En danger critique d’extinction (CR), En danger (EN), Vulnérable (VU), Quasi menacé (NT), Préoccupation mineure (LC), Données insuffisantes (DD), Non évalué (NE).

Classification qui s’effectue par le biais d’une série de cinq critères quantitatifs formant le cœur du système : taux de déclin, population totale, zone d’occurrence, zone d’occupation, degré de peuplement et fragmentation de la répartition.
C’est pour alerter la communauté internationale et le grand public, que l’UICN publie une liste de mammifères en danger, relayée par les différentes organisations écologiques. Et il ne s’agit pas d’animaux inconnus, ni de pseudo-monstres vivants dans des contrées retirées… Mais de mammifères, tout comme l’homme ! Nos cousins, « nos amis » comme nous le disons si souvent ! A nous de nous en occuper rapidement.


Une Liste rouge qui sonne le glas

La biodiversité en danger
- Au risque critique « d’extinction » : le lynx ibérique (Lynx pardinus), dont la population mondiale comprend entre 84 à 143 adultes et qui continue de décliner en raison de la raréfaction de sa proie essentielle, le lapin européen, menacé lui aussi.

- « Eteint à l’état sauvage » : le cerf du père David (Elaphurus davidianus), d’origine chinoise qu’on imagine de réintroduire dans la nature car les populations, vivant en captivité, se sont bien reproduites.

- « En danger », près de 450 espèces dont le diable de Tasmanie (Sarcophilus harrisii), passé de la catégorie « préoccupation mineure » à « en danger » après un déclin de plus de 60% de sa population mondiale dans la dernière décennie.

- « En danger » encore, le chat viverrin ou chat pêcheur (Prionailurus viverrinus), d’Asie du sud-est, à cause de la destruction d’habitats dans les zones humides ; le phoque de la Caspienne (Pusa caspica) dont le population a diminué de 90 % depuis un siècle en raison d’une chasse non durable…

- «Vulnérable» le sengi à face grise ou musaraigne-éléphant (Rhynchocyon udzungwensis) qu’on a découvert pour la première fois cette année dans deux forêts très sensibles aux incendies, des monts Udzungwa en Tanzanie.

Car c’est la destruction et la dégradation des habitats qui affectent près de la moitié des mammifères de la planète. Le phénomène est crucial en Amérique Centrale et du Sud, en Afrique Orientale et Centrale, à Madagascar et en Asie du Sud et du Sud-est. Sans compter des prélèvements excessifs - dans des buts tous confondus de commerces illicites - qui contribuent à la disparition des grands mammifères, en Asie du Sud-est tout comme dans certaines régions d’Afrique et d’Amérique du Sud. Tout cela, sans parler des guerres…
Des progrès grâce aux bonnes volontés « Plus nous attendons, plus cela coûtera cher de prévenir des extinctions futures », souligne Jane Smart, Directrice du Programme des espèces de l’UICN. « A l’heure actuelle, nous savons quelles espèces sont menacées, quelles sont les menaces et où elles se trouvent : nous n’avons plus d’excuses pour regarder en spectateurs sans rien faire ».

Et dès qu’on se retrousse les manches, il y a d’excellentes nouvelles : 5 % d’espèces se sont rétablies grâce à des actions concertées de conservation. Le putois à pieds noirs (Mustela nigripes) est passé d’ « éteint à l’état sauvage » à « en danger », après une réintroduction réussie par le Fishand Wildlife Service des Etats-Unis, dans huit Etats de l’ouest américain ainsi qu’au Mexique entre 1991 et 2008 !
De même, le cheval sauvage (Equus ferus) est passé, en quinze ans, d’éteint « à l’état sauvage » à « en danger critique d’extinction », après des réintroductions réussies en Mongolie.
L’éléphant d’Afrique (Loxodonta africana) est passé de « vulnérable » à « quasi menacé» car l’accroissement actuel de populations importantes d’Afrique australe et orientale compense les éventuels déclins des autres territoires.



Destruction d’espèces : l’obligation d’un retour à l’équilibre

La biodiversité en danger
Il se pose, de plus, d’autres problèmes animaliers liés à l’histoire de l’humanité. De tout temps, l’introduction d’espèces a joué un rôle majeur pour la production d’aliments ou encore, pour la pollinisation des cultures et le contrôle biologique des ravageurs.
Aujourd’hui, force est de constater que les espèces introduites sont devenues envahissantes et portent préjudice aux écosystèmes indigènes. De plus, les transports modernes ont aboli les barrières biogéographiques naturelles en véhiculant des espèces - agents pathogènes et parasites - qui gagnent de nouveaux habitats où elles se multiplient.
Le problème est particulièrement aigu sur les îles où espèces et écosystèmes qui ont évolué dans l’isolement sont, plus qu’ailleurs, vulnérables à ces prédateurs. On admet désormais qu’il s’agit d’une des menaces les plus graves pour le bien-être humain, économique et environnemental dans des zones souvent très pauvres.


L’UICN, une organisation militante

« Influer sur les sociétés du monde entier, les encourager et les aider pour qu’elles conservent l’intégrité et la diversité de la nature et veillent à ce que toute utilisation des ressources naturelles soit équitable et écologiquement durable » voilà pour la mission de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). Elle se présente, en effet, comme la principale ONG mondiale consacrée à objectif. Son siège est situé à Gland, près de Genève, en Suisse.

Créée en 1948, par un petit groupe d’ardents défenseurs de la nature, elle s’appuie sur le fait que le bien-être humain dépend de la santé de l’environnement (Déclaration de Fontainebleau). Sa force considérable réside dans le nombre, la diversité, les compétences et les actions de ses 1104 membres : 84 États, 111 organismes publics, 874 ONG nationales et internationales et 35 affiliés, présents dans 147 pays qui travaillent à l’avènement de la durabilité. L’UICN aide souvent les gouvernements à élaborer des lois et des politiques, en leur fournissant des outils fiables. Elle soutient les conventions internationales, les organismes des Nations Unies, les entreprises et les collectivités dans la recherche de meilleures pratiques. Grâce à la synergie engagée, elle orchestre les progrès de conservation de la nature en vue du développement durable. En conséquence, elle gère partout, des milliers de projets de terrain, en mobilisant les organismes fournissant des ressources, la formation et le suivi des résultats.
L’Union intervient également, comme organisme consultatif référent, auprès du Comité du patrimoine mondial pour l'étude de l'inscription des sites naturels à la liste du patrimoine mondial, ainsi que dans l'évaluation de leur état de conservation.
On lui doit cette année, un nouvel outil, l’indice Liste Rouge échantillonné (SRLI) qui va permettre d’obtenir un point complet de la conservation des espèces de la planète, un peu comme un sondage des électeurs à la sortie des urnes permet de calculer les tendances du vote. A l’avenir, le SRLI échantillonnera d’autres groupes moins connus : coléoptères, mollusques, champignons, lichens et un certain nombre d’espèces végétales.


Des initiatives essentielles tous azimuts

La biodiversité en danger
Le Congrès de Barcelone a inscrit à l’ordre du jour un programme qui sonne comme un credo :
« Construire un avenir durable! ». Mise en action entre 2009 et 2012.

La conservation de la biodiversité en est l’axe, s’articulant sur quatre domaines thématiques :
1. Intégrer les considérations et possibilités liées à la biodiversité dans les politiques et les pratiques relatives aux changements climatiques.
2. Mettre en œuvre des systèmes énergétiques écologiquement durables, équitables et efficaces.
3. Améliorer les moyens d’existence, réduire la pauvreté et la vulnérabilité et renforcer la sécurité humaine et environnementale par la gestion durable des ressources.
4. Intégrer les valeurs de conservation des écosystèmes dans la politique économique, les finances et les marchés.

La perte de diversité biologique est une des crises les plus urgentes au niveau mondial et l’état des ressources dont dépend une grande partie de la vie humaine inquiète de plus en plus les chercheurs.
A chacun des domaines pointés par l’UICN dans son congrès, correspond la volonté d’aider la communauté à faire les choix stratégiques les plus pertinents, en liaison avec des partenaires offensifs et chaque fois différents. Elle contribue à la progression de la conservation de la biodiversité dans le sens de la politique mondiale, en particulier les Objectifs du millénaire pour le développement, définis en 2000, par les Nations Unies.

Premier volet « climat » de son action : Un outil de gestion des projets sur les moyens d’existence durables et la gestion de l’environnement vient d’être mis en place : CRISTAL (acronyme anglais d’instrument d’évaluation des risques au niveau communautaire).
Cœur de cible, les récifs coralliens, qui sont parmi les écosystèmes marins les plus menacés par le changement climatique, eux et leur population qui en vit et en tire, à la fois, nourriture et revenu. Une
initiative, « Récifs coralliens et moyens d’existence», en partenariat avec le PNUE, est en train de voir le jour en Asie du Sud.
Un autre projet « Mangroves pour l’avenir » se concentre sur l’action et l’investissement dans la conservation des écosystèmes qui représentent l’infrastructure essentielle pour le développement durable du littoral et la protection de ses populations. (3)
En collaboration, avec plusieurs partenaires, le Programme mondial sur les espèces envahissantes (GISP) est en chantier depuis 1997. Depuis cette date, des scientifiques, des économistes, des juristes, des sociologues, des spécialistes de la conservation et des gestionnaires de ressources, travaillent ensemble à résoudre le problème urgent des effets négatifs des espèces envahissantes, menaces bien réelles pour la diversité biologique insulaire et mondiale.

La devise de l’UICN est plus que jamais nécessaire : “Un monde juste qui valorise et conserve la nature“. A nous de nous l’approprier, nous, les habitants du monde qui pouvons jouer de notre influence sur la gouvernance, aussi bien au niveau local qu’au niveau mondial.

Le 11 mai a été nommé "Journée des espèces menacées" par le Congrès des Etats-Unis pour encourager la population américaine à être plus consciente. Ne devrions-nous pas emboîter le pas à cette initiative et ce faisant, garder l’œil bien ouvert sur notre monde afin qu’il nous offre un avenir plus durable.



La biodiversité en danger
(2) Le Programme des Nations Unies pour l'environnement
(3) La dégradation de ce capital naturel précieux a des répercussions économiques et sociales graves aux niveaux local, national, régional et même mondial – comme on a pu le constater au lendemain du tsunami de l’océan indien, en 2004.

Pour en savoir plus sur d’autres espèces recensées sur la Liste Rouge de l’UICN 2008 :




http://www.iucnredlist.org http://www.iucnredlist.org
http://www.iucn.org http://www.iucn.org






Bilan des semaines 3 et 4, d'Alméria à Casablanca: 1450 Km parcourus, environ 303 kg de CO2 dépensés soit 101 kg par personne, 6 villes visitées.