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La fondation pour l'enfance du MaliPouvez-vous, nous dire, Madame la Présidente, depuis combien de temps existe la Fondation pour l’Enfance? Pourquoi vous êtes-vous investie dans cette fondation?
La Fondation pour l’Enfance a été créée, il y a déjà quatorze ans, par mon époux le Président Amadou Toumani TOURE, alors Général, après les mois de transition passés à la tête du Mali, afin de se consacrer, en particulier, à la détresse d’enfants maliens de toutes catégories car nous le savons tous, ils constituent l'avenir de la Nation. Les actions portent sur l'amélioration des conditions de vie de ces enfants, en intervenant dans leur protection, leur éducation et leur insertion mais, nous nous consacrons, tout aussi largement, à la promotion d'actions d'ordre social, économique, et culturel. La Fondation pour l’Enfance est une organisation reconnue d’utilité publique depuis le 6 août 1993.
Depuis le 17 juillet 2002, j’en assure la présidence effective par passion et conviction mais en fait, j’ai toujours été présente, depuis la création, dans la démarche de solidarité.Notre volonté est d’oeuvrer au développement économique et social des populations maliennes, en luttant contre les pauvretés et les exclusions, surtout au profit des couches sociales en circonstances difficiles : les mères, les enfants, la jeunesse dont nous essayons de faciliter l’accès à l’éducation et à la santé.Faire reculer la famine, l’analphabétisme, la maladie et favoriser la culture de la démocratie, de la paix et de la solidarité, au profit des plus déshérités, voilà ce qui anime toute notre équipe et qui me rend fière d’agir. Quels sont les moyens de réaliser les programmes ambitieux que vous vous êtes fixés dès le départ ? Comment définissez-vous une stratégie ? Pouvez-vous nous donner des exemples ?
Un énorme potentiel de moyens humains, matériels et financiers, est nécessaire pour réaliser un tel projet. La collaboration avec les partenaires susceptibles d’apporter leur concours à la réalisation des objectifs de la Fondation est obligatoire. Ce sont : le Gouvernement, les organisations internationales, les ONG, les associations, les collectivités décentralisées, les oeuvres de bienfaisance s'occupant de l'enfance, bref toutes les personnes de bonne volonté, qu'elles soient physiques ou morales, du secteur public ou privé. Beaucoup, nous ont déjà fantastiquement aidé et je les en remercie.
Aussi, naturellement, la Fondation ne ménage-t-elle aucun effort pour créer un partenariat libre et ouvert où la possibilité est donnée, à chacun, d'apporter sa pierre à l'édification de l'oeuvre commune. Sur place, un travail de sensibilisation, d'éducation et d'information aboutit à la mobilisation sociale espérée et pour mieux réunir les ressources nécessaires au financement de ses activités, la Fondation mène des actions de collectes de fonds. Pour résumer fondamentalement nos activités, nous avons une action permanente envers les jeunes et les femmes car on ne peut protéger l'enfant sans aider les mères.Les jeunes maliens constituent plus de 50% de la population malienne. Ils sont confrontés à de nombreux problèmes d'ordre social, économique et culturel : chômage, crise d'identité morale et culturelle, déviance, délinquance... Nous essayons de les aider dans leurs problèmes quotidiens et les mobilisons pour des activités d’utilité publique, de solidarité et de protection de l’environnement car c’est leur adhésion et leur pleine participation qui garantissent le succès de l’entreprise. Pour ce qui concerne les femmes, nous considérons que si l'évolution de toute société se mesure à celle de la femme, la prise en compte de celle-ci, devient une obligation majeure. Compte tenu du bouleversement des structures familiales, il faut les assister dans leur développement - et en particulier les femmes rurales - en les aidant à s'organiser, en oeuvrant à élaborer et à consolider une législation adaptée, en diminuant l'inégalité entre elles d'abord, et entre elles et les hommes ensuite. Au nombre de nos réalisations, depuis les cinq dernières années, les femmes du secteur rural ont bénéficié de 443 moulins individuels pour moudre les céréales et qui leur évitent l’exténuant travail au pilon, de plateformes multifonctionnelles, de 500 machines à coudre et d’une vingtaine de points d’eau, en vue d’alléger leurs tâches ménagères et en permettant ainsi à leurs petites filles qui les aidaient, d’être scolarisées, en plus grand nombre. Vos actions dans les domaines les plus divers ont été des réussites? De quoi la Présidente de la Fondation est-elle la plus fière?
Tout naturellement du nouveau et grand siège de la Fondation Pour l’Enfance à Bamako, inauguré le 8 août 2007 d’où sont menées, dorénavant, toutes nos actions. La construction de l’Hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg » qui a ouvert ses portes, en mai 1999, est également une réussite qui me tient à coeur. Ce centre est un complexe médico-social de diagnostic, de traitement, d'hospitalisation et de chirurgie, qui s'ouvre notamment, à la recherche et à l'enseignement. Il a vu le jour grâce à la coopération luxembourgeoise, principalement à la Fondation Raoul Follereau, partenaire du projet.
Je vous parle de grandes réalisations qui servent de flambeau à nos autres actions qui me touchent toutes, elles aussi, et d’aussi près, comme nos interventions pour l’appui aux enfants handicapés, un meilleur accès à l’eau potable pour tous, la scolarisation du plus grand nombre d’enfants et en particulier celle des petites filles qui en étaient exclues jusqu’alors. Interwiew de Mme TOURE LOBO TRAORE, Première Dame du Mali, Présidente de la Fondation pour l'Enfance
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