La BIM SA se relève d’une période de gestion difficile, comment avez-vous géré la situation afin de parvenir en deux ans à un résultat des plus positifs ?
Il n’y a pas de secret en management. Ce sont les hommes et les femmes, donc avec une équipe et avec une méthode de travail basée sur le sérieux, la confiance et l’enthousiasme. Pour preuve, la Banque a, en deux années, gagné plus de deux fois son capital initial restaurant ses fonds propres qui étaient négatifs, il y a juste 18 mois et respectant les ratios les plus pertinents de la réglementation prudentielle qui gouverne le secteur bancaire. Ce résultat exceptionnel est une grande première sur la place bancaire malienne, voire dans l’espace communautaire.
D’une banque à visage historique vous avez constitué un profil de banque moderne, comment la situez-vous aujourd’hui dans le paysage malien et international ?
En se démarquant de l’intermédiation classique, la BIM SA s’est redéfinie comme un véritable « gestionnaire de risques », une banque qui met son client au centre de toutes ses préoccupations. Au Mali, nous sommes dans le peloton de tête. Sur le plan international, nous défendons notre réputation de banque respectueuse de ses engagements.
Quelles sont les offres innovantes de produits bancaires que vous avez institués? Dans cet axe, comment se situe votre soutien à la microfinance? Quels rapports entretenez-vous avec les maliens de l’extérieur ?
Pour la relance des activités commerciales de la banque, il a fallu démultiplier les points de ventes pour rapprocher la banque de ses clients, les produits de ses consommateurs que nous avons adapté au contexte conjoncturel et structurel. Nous avons réduit les coûts de nos services et avons amélioré la qualité de nos prestations ce qui a entraîné une meilleure compétitivité sur la place. Désormais, ce sont les banques qui vont aux clients et non l’inverse. C’est vrai, nous soutenons deux des plus importants réseaux de microfinance en renforçant leurs capacités d’intervention.
Sur le segment de la mobiliation de l’épargne des maliens de l’extérieur, nous faisons figure de leader avec une présence remarquée dans les zones de forte concentration migratoire comme la France, l’Espagne et les Etats-Unis. Nous les appuyons dans la réalisation de leurs projets et gérons au mieux leurs épargnes.
Quelles sont vos perspectives ?
En 2009, nous allons consolider nos acquis, notamment notre part de marché qui se situe à 15% aussi bien dans les dépôts que dans les crédits. Aussi, nous développerons de nouveaux produits issus de la monétique et du e-banking tout en maintenant nos interventions de façon remarquée en faveur des secteurs énergie, télécommunications et des particuliers.
Vous allez vers une privatisation proche, qu’en attendez-vous ?
La cession de la participation stratégique consécutive au désengagement partiel de l’Etat dans le capital de la BIM SA - ou tout uniment, la privatisation - n’est ni un atout ni un handicap pour la banque. Elle constitue les deux à la fois. L’essentiel est dans la démarche et le contenu.
En tant que mandataire social représentant l’Etat du Mali, je n’ai pas d’états d’âme à exprimer par rapport à une telle opération, fut-elle celle de l’actionnaire majoritaire. Au demeurant, la conséquence qui en découle est le changement de prise de contrôle de la banque mais fondamentalement la banque dans sa situation actuelle ne peut pas en souffrir. La BIM SA est une exception. C’est la preuve que l’Etat peut bien gérer une entreprise bancaire et réaliser des performances.
En tant que cadre de ce pays ayant été appelé au chevet d’une des plus anciennes banques de l’espace communautaire et de ce fait, partie intégrante du patrimoine national, je ne pourrai que me réjouir des résultats acquis et féliciter l’ensemble du personnel pour avoir créées les conditions permissives d’un désengagement, dans les meilleures conditions, de l’état dans le capital de la BIM SA. Nul doute que l’état veillera à la consolidation sinon à la sauvegarde des intérêts fondamentaux des clients, du personnel et des actionnaires. Pour ma part, je suis très reconnaissant aux plus hautes autorités du pays pour m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer au sein de ma génération.
Les chefs d’entreprise maliens pointent du doigt la politique de prêt des banques, jugée trop conservatrice, quels sont les obstacles à renverser pour atteindre le meilleur climat possible ?
Il faut savoir faire la part des choses. Le système bancaire malien a déployé beaucoup d’efforts en termes de financements. Mais nous gérons les dépôts des tiers et devons être prudents. Notre zone se porte plutôt bien quand on se fie à la situation qui prévaut en Europe et aux Etats-Unis. Ce n’est pas un euphémisme que de rappeler la fragilité des banques. Et très souvent, on oublie le caractère transversal et systémique des conséquences résultant des difficultés des banques sur les autres secteurs économiques.
Au niveau de l’Union économique Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), il faut se réjouir du travail remarquable et permanent de l’organe de surveillance et de contrôle communautaire. La bonne santé du système bancaire de l’Union en est la parfaite illustration.