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L’urbanisme sous influence durable
Dans l’histoire démographique de la planète, 2007 restera comme une année charnière : la population urbaine a dépassé pour la première fois la population rurale. Au début du 19ème siècle, elle ne représentait que 2% de la population. En 2030, 5 milliards d’individus devraient vivre en ville, soit 62% de la population mondiale. Aucun pays n’est épargné par cette évolution. De l’Asie à l’Amérique du Nord en passant par l’Europe et l’Afrique. Ainsi, en une petite trentaine d’années, le nombre de villes dont la population est comprise entre 500 000 et 1 million a doublé. Mieux. Les mégalopoles de plus de 10 millions d’habitants ont elles aussi explosé, passant de seulement trois le siècle dernier (Tokyo, New York et Mexico) à 27 en 2025 (Tokyo, Bombay, Delhi, Dhaka, Säo Paulo, Mexico, New York, Calcutta, Shangai, Karachi, Kinshasa, Lagos, Le Caire, Manille, Pekin, Buenos Aires, Los Angeles, Rio de Janeiro, Jakarta, Istanbul, Canton, Osaka, Moscou, Lahore, Madras, Shenzhen, Paris. Source Science Po). Ce faisant, la migration vers les espaces urbains de population très disparates mais qui partagent la même détresse sociale s’accompagne d’un risque environnemental majeur : bidonvilles surpeuplés, eau potable insuffisante, absence d’assainissement et d’évacuation des ordures, transports publics déficients, scolarité aléatoire, criminalité omniprésente, etc. Dès lors, face à une telle réalité démographique qui pourraient s’apparenter à une « urbanisation de la pauvreté », les organisations internationales ont pris garde de rappeler un certain nombre de principes, comme le droit élémentaire de disposer d’un habitat décent lors de la Journée mondiale de l’habitat en 2008. Quand bien même les instances internationales et les hommes et femmes qui ont la responsabilité de les animer auraient conscience des enjeux de la démographie du 21ème siècle – ce dont il ne faut pas douter, le chemin à parcourir pour construire la « ville durable » est considérable. Car tout reste à faire. Aussi bien pour l’habitat privé que pour les centres d’affaires. Et cela, aussi bien au niveau international qu’à une échelle plus proche de nous, nationale ou régionale. Comme d’autres pays développés, la France a pris la mesure de l’interaction entre l’habitat – et par extension l’urbanisation - et le Développement durable depuis moins d’une dizaine d’années. Le Grenelle de l’Environnement organisé en 2007 par le gouvernement Fillon a eu au moins le mérite de remettre en perspective la question en inscrivant des objectifs à atteindre d’ici à 2015. « La construction constitue le premier plan programme du Grenelle de l’environnement, insistait Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, lors des Rencontres de la construction organisée en décembre 2007 au Palais du Luxembourg à Paris. Il s’agit à la fois de diminuer les émissions de gaz à effet de serre, les consommations énergétiques des habitants et des entreprises. Sur l’existant, le marché est de 600 milliards d’euros d’ici à 2050. Cela fait 20 000 à 30 000 euros par logement. C’est un effort remarquable qu’on demande au secteur du bâtiment, puisqu’à horizon 2020, on vise entre 20% et 30% d’émissions de gaz à effet de serre de moins sur le pays dans son ensemble. » Malgré le renforcement de la réglementation en matière d’urbanisme et les orientations prises par les pouvoirs publics, sa traduction dans les faits tardent encore à venir. Si, par rapport à d’autres pays européens, notamment du Nord, la France reste encore en retard, elle commence à montrer des signes positifs. La multiplication des Agendas 21 (Ndlr. Il s’agit des programmes volontaires d’actions pour le Développement durable élaborés par les villes), qui sont passés de 200 en 2006 à 350 en 2008, a pour principal intérêt de sensibiliser en amont l’action publique. A cela s’ajoute les plans climat qui fixent les éléments concernant la mobilité, l’approvisionnement et la consommation d’énergie. Bref, les pouvoirs publics locaux jouent également de plus en plus le jeu du Développement Durable, influant ainsi sur les choix d’aménagement urbain. De même, le développement des projets d’éco-quartiers – on en dénombrerait un peu moins de 20 en France aujourd’hui en cours de réalisation – inspiré du concept né en 1996 à Fribourg, montre que les acteurs publics et privés passent à l’action, conscients que ces éco-quartiers peuvent également apporter de nouvelles perspectives à la politique de la ville en décloisonnant actions sociale et environnementales. « La ville doit donc s’inventer un modèle de développement durable qui concilie les temporalités respectives, et les exigences environnementales, économiques et politiques, écrivent les architectes urbanistes Helga-Jane Scarwell, Richard Laganier et Marc Kaszynski, dans leur dossier «La ville et l’enjeu du développement durable». Les diverses actions publiques peuvent ainsi s’articuler afin de répondre aux interdépendances spatiales et temporelles des différents enjeux et domaines qui constituent la ville.
La gestion de l’étalement urbain suppose également une réflexion sur la définition des espaces ruraux face au processus de périurbanisation. Quel nouveau statut faut-il en effet donner à ces espaces ruraux ? Quel nouvel équilibre faut-il reconstituer entre les fonctions résidentielles, de productions industrielles et de services externalisés par le coeur de la « ville », la fonction de production agricole proprement dite et la protection - consommation de l’environnement ? » Autre élément supplémentaire qui plaide en faveur de la France, le lancement du plan « villes durables » par le Ministère de l’Ecologie, de l’Environnement et du Développement Durable et de l’Aménagement du Territoire (Meeddat) le 22 octobre 2008 à l’occasion du Conseil des Ministres. Le ministre Jean-Louis Borloo y invitait notamment les collectivités à réfléchir à de nouvelles formes d’aménagement du territoire que ce soit à l’échelle du bâtiment, du quartier ou de la ville dans son ensemble. L’Etat encourage ainsi financièrement les agglomérations volontaires de programmes globaux d’innovation énergétique, architecturale et sociale en continuité avec le bâti existant. Au delà des dispositifs imaginés par les pouvoirs publics, la principale raison qui poussera les acteurs de la filière à adopter des mesures post Grenelle est à rechercher du côté de son impact en terme d’activité. Concernant le bâtiment, les programmes absorberont, selon le Ministère, pas moins de 205 milliards d'euros. Un peu plus de 190 milliards seront dédiés à la rénovation thermique (de 200 à 400 euros/m2, selon le niveau de performance avant et après travaux), permettant ainsi de conserver ou de créer 235.000 emplois. La loi prévoit une réduction d'au moins 38% de la consommation d'énergie dans le bâtiment d'ici à 2020. Ainsi, pas moins de 800.000 logements privés devront être rénovés d’ici à 2013, puis 400.000 après cette échéance, ainsi que la totalité du parc de logements sociaux en commençant par les 800.000 les plus dégradés. L’approche Développement Durable des projets urbains est donc à plusieurs facettes, environnementales, sociales et économiques. Pour tenter d’être efficace, elle doit avoir pour caractéristique de s’inscrire dans la durée, de porter ses objectifs sur plusieurs générations. La ville durable est un vaste chantier qui nécessitera une volonté politique forte et des investissements conséquents. A la mesure des évolutions démographiques du siècle qui s’ouvre à nous. -
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http://vimeo.com/19711476

La biodiversité en danger




