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Famine mondiale ?




Famine mondiale ?
La crise alimentaire qui secoue la planète (le Moyen-Orient, l’Asie et plus particulièrement une quarantaine de pays en majorité africains), était prévisible depuis un certain temps, si on s’en était tenu aux alertes des organismes comme le PAM et la FAO.

Aujourd’hui, il serait hasardeux de vouloir se prononcer sur cette crise qui a des causes multiples mais mon sentiment est fort, que nous pourrions passer d'une crise à l'autre, si la communauté internationale ne s’attaque pas de front, aux problèmes majeurs, si elle ne met pas en place plusieurs actions coordonnées indispensables pour que cesse la famine d’un monde qu’on croyait, enfin, protégé.

Parmi les causes de cette crise alimentaire, outre les facteurs climatiques défavorables dans des pays producteurs de céréales, les inondations, les sécheresses inhabituelles - la hausse de leur démographie, on peut citer les problèmes de gouvernance et l’absence de politique de prévention.

Très peu de pays ont, en réalité, une politique prévoyante en matière alimentaire avec la constitution d’un stock de sécurité et l’encouragement au développement de l’agriculture vivrière. S’y sont ajoutés les effets des subventions de certains pays riches à leurs agriculteurs et le développement de cultures industrielles (coton…) dont les cours en chute, ont eu un effet dévastateur pour le monde paysan.

Autre effet cumulatif : les biocarburants qui utilisent des plantes vivrières ou non, mais des espaces de culture immense. On estime également, qu'au cours des dernières décennies, un montant important d'aide, a été consacré à des projets de bonne gouvernance dans les pays en voie de développement tandis que l'agriculture vivrière était abandonnée. On a, ainsi, transformé des pays pauvres qui, jusqu’alors, exportaient de la nourriture, en pays dépendants d'importations coûteuses de céréales, du fait des facteurs combinés de la hausse du prix du pétrole et de la spéculation sur les denrées de première nécessité.

Nous sommes face à un problème moral insoutenable et un problème économique grave.

En ce qui concerne les solutions possibles, il y a des mesures immédiates à prendre pour des résultats à moyen terme et l’urgence, le court terme. La crise alimentaire que connaissent plusieurs pays en développement d'Asie et d'Afrique, nécessite une augmentation de l'aide alimentaire d'urgence par une réaction de solidarité des pays les plus riches. Dans le même temps, il faut décider de subventions aux intrants pour les pays en difficulté et d’une réorganisation des circuits d’approvisionnement en denrées de première nécessité, en redonnant partout, ses lettres de noblesse à l’agriculture céréalière.

Il faudra naturellement, investir davantage dans ce secteur pour reconstruire une véritable économie rurale avec la mise à disposition d’équipements agricoles, agir sur les infrastructures : l'irrigation, les routes rurales, les moyens de stockage et de conditionnement et revoir les systèmes de commercialisation avec des prix plus rémunérateurs pour les agriculteurs pauvres.

Nous espérons donc que les chefs d'État du monde adopteront les politiques, les stratégies et les programmes nécessaires pour relever ces défis et pèseront de toute leur influence pour rendre plus équitables les lois du commerce international des produits agricoles.

Gageons que nous saurons nous mobiliser contre ce que la PAM nomme un "tsunami silencieux" qui menace de plonger des dizaines de millions de personnes supplémentaires dans la famine. C’est un des plus gros défi de l’histoire du monde.

La lutte contre la pauvreté n’est pas la lutte contre les pauvres mais une vraie campagne de solidarité mondiale et une meilleure répartition des richesses : à nous de nous y engager.








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