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A pas de géantL’action de votre ministère se situe dans le développement de l’infrastructure énergétique sans laquelle on ne peut « booster » l’économie nationale et se préoccuper d’avenir. Vous agissez dans quels secteurs?
L’énergie est au centre de la quasi-totalité des aspects du développement durable, y compris l’accès à l’eau potable, la productivité agricole et industrielle, les soins de santé, le niveau scolaire et l’impact du changement climatique sur les moyens d’existence durable. Ses liens avec les autres secteurs sont donc déterminants dans le cadre d’une croissance économique qui aille dans le sens de l’objectif du Projet pour le Développement Economique et Social (PDES) comme des Objectifs du Millénaire (ODN).
Le Mali est doté de ressources énergétiques renouvelables telle l’électricité, produite par les barrages hydroélectriques dont nous visons à renforcer les capacités de production grâce à la construction de nouvelles centrales hydroélectriques comme celles de Kénié (2011/14) de Félou (1) (2012) de Taoussa (2013) et de Gouina (2014) ainsi que par les projets d’interconnexion des réseaux électriques, du Mali et de Côte d’Ivoire (2010) et d’autres pays voisins, encore en discussion. La demande en électricité se répartit entre les ménages - l’électricité est actuellement accessible à seulement 15 % de la population, 23 % prochainement - les unités de production (minières et agro-pastorales) et les services. Pour y faire face, deux centrales thermiques au fuel lourd viennent d’être réalisées, celle de la SOPAM, active dès cette année, et une seconde financée par la BID en 2009. Nous avons encouragé la réalisation de 7 microcentrales hydroélectriques pilotes, à travers le financement du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). En attendant que soient confirmés les résultats de la recherche pétrolière et gazière nous travaillons également à intensifier les actions de promotion vers le développement de biocarburants, option majeure adoptée par le Gouvernement. Nous avons réussi l’électrification de la petite ville de Kéleya à l’huile de pourghère, biocarburant de seconde génération qui n’affecte pas la biodiversité puisque cultivé en marge du désert saharien. Nous ne négligeons pas non plus de nous tourner vers la biomasse et nous avons déjà réalisé une unité de valorisation énergétique du Typha Australis (2) à Niono dont l’objectif à la création était déjà de 10 000 T/an de consommation résidentielle de GPL et nous sensibilisons nos partenaires pour la mise en valeur des déchets agricoles notamment balles et pailles de riz, tiges de cotonnier, à des fins énergétiques. L’énergie éolienne se met en place dans la région de Gao (200 KW) ainsi que les ressources solaires que nous développons en zones rurales afin d’équiper les nouveaux villages en éclairage et électricité solaire domestique. Notre défi est de canaliser, développer ces ressources de manière optimale pour un meilleur développement socioéconomique. Mais nous ne négligerons pas d’entamer une politique volontaire d’économie d’énergie et sensibilisons, à cet effet, tous les acteurs de l’administration comme de la société civile. Dans un pays où l’ensoleillement est quasiment présent toute l’année, pensez-vous, qu’à terme, la technologie solaire puisse être une source d’énergie pour le pays? Faites-vous des recherches dans ce sens?
Parmi les énergies renouvelables, promouvoir l’énergie solaire nous semble, en effet, une solution d’avenir. Cette technologie a toute sa place dans des applications hors réseau, pour nos populations situées dans des zones non encore raccordées. En terme d’électrification solaire rurale, nous avons des réalisations probantes comme l’équipement des nouveaux villages des régions de Mopti et Koulikoro par des systèmes d’éclairage solaire photovoltaïque, chauffe-eau solaire et séchoirs solaire semi-industriels ou familiaux et plus de 300 cuiseurs solaires, boites ou paraboles, en expérimentation. Et des réfrigérateurs solaires dans les régions de Koulikoro, Ségou, Sikasso et Mopti… de même que l’installation de kits solaires d’éclairage dans les centres de santé.
Le fait que le Mali soit producteur d’or fascine et interpelle. Ce secteur inclus, quel est votre potentiel minier? Vos espérances?]
Depuis 2002, le Mali est le troisième pays africain producteur d’or après l’Afrique du Sud et le Ghana. La majorité de la production aurifère est assurée par les mines industrielles; la part de la production artisanale est estimée à 3 à 4 tonnes /an.
Le Mali, depuis l’indépendance, a entrepris avec l’appui de la coopération bilatérale et multilatérale, une activité soutenue dans le domaine de l’exploration minière. L’objectif visé était d’utiliser le potentiel minier pour accélérer le développement économique. L’exploitation industrielle de l’or a commencé en 1985 avec la mise en place de la Société d’exploitation des mines d’or de Kalana (SOGEMORK). Cependant il a fallu attendre les années 90 pour assister à un réel décollage. Depuis, d’autres gisements d’or ont été découverts (Syama, Sadiola, Yatela, Morila, Loulo, Tabakoto, Segala, Kodieran …). Les travaux de reconnaissance géologique et d’autres types de travaux beaucoup plus détaillés ont permis de mettre en évidence l’existence d’une réserve théorique totale d’or s’élevant à 800 tonnes. L’analyse de la courbe de la projection des productions montre que l’optimum de la production sera atteint en 2008 avec une production de 60 tonnes. La politique minière adoptée par le Gouvernement du Mali en Novembre 1998 avait pour objectif principal : l'accroissement substantiel de la part des produits miniers dans le PIB. Au vu des résultats obtenus depuis cette date, on peut dire que le secteur minier constitue un élément moteur de l’économie malienne, tant en production qu’en exportation. L'impact sur l'économie nationale est d'abord macro-économique. On peut noter une amélioration de la balance commerciale car la totalité de la production est exportée, une augmentation du PNB, car la part du secteur minier est passée de 160 milliards à plus de 300 milliards. Grâce à nos inventaires minier et cartographique, nous pouvons mettre à disposition des investisseurs nationaux et étrangers des données et informations géologiques fiables sur le territoire. Actuellement, sont en cours, des études des gisements de fer, de bauxite, de manganèse, de polymétaux (Cuivre, Plomb, Zinc, Etain, Lithium) en vue de leur valorisation et des négociations pour la mise en place d’une cimenterie d’une capacité d’au moins 600 000 tonnes par an en première région, sans compter la promotion de nouveaux blocs de bassins sédimentaires et la signature de nouvelles conventions pétrolières qui confirmeront peut-être l’existence d’un potentiel gazier et d’hydrocarbures au Mali. Dr Hahmed SOW, Ministre de l’Energie, des Mines et de l’eau
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CMDT, le coton porteur d'espoir




